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Thèmes
traités
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Ces
thèmes ont été traités (et maltraités), au cours de nos
réunions. Il s'agit soit de notes
prises "à la volée", soit de textes déposés par
l'intervenant.
- L'ironie
- Démocratie et opinion
- Culture
et Barbarie
- Le
malheur, quelle chance
- Les
nouveaux réactionnaires
- Ou va la
société de spectacle ?
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- La
société existe-t-elle encore ?
-
La transcendance est-elle nécessaire à
l'humanité ?
L' IRONIE
Par sa fugacité, sa richesse et sa
variété, elle est un véritable kaléidoscope.
L'ironie c'est le sourire de l'esprit.
Elle oscille entre humour et cynisme.
L'humour est léger, aérien. Il effleure
l'interlocuteur sans lui faire mal. Un clin d'oil amusé qui
n'attend rien, qui ne prête pas à conséquence.
Le cynisme est une moquerie
affichée ; il expose une certitude avec véhémence, il
exaspère car il arrache brutalement le masque et rend tout
dialogue impossible. C'est une conscience aiguë, « hirsute, crasseuse &
agressive » comme dit Jankelevitch.
L'ironie est plus subtile.
Elle peut siffler comme une balle, être une flèche
assassine ; espiègle ou agressive, elle ne laisse pas
indifférent. En tout cas elle tient compte de l'interlocuteur
auquel elle s'adresse. Elle n'existe que dans l'instant. Et
même elle n'existe qu'en présence de l'autre.
Elle peut être omniprésente ; chaque
individu peut la pratiquer avec lucidité ou virtuosité ; elle
a l'air d'une provocation. Elle ne donne pas de réponse mais
elle met à distance. Elle fait passer pour une plaisanterie ce
que l'on pense vraiment ; et souvent elle
permet de dire le contraire de ce que l'on pense. Elle
peut être ambiguë ; on peut cacher ses sentiments
profonds derrière l'ironie. Il y a un décalage entre le
discours et la pensée véritable : la pensée est tapie
derrière les mots.
Jules Renard disait : « L'ironie est la pudeur de
l'humanité ». Descartes la décrivait comme une
« raillerie
modeste ».
Mais elle n'est pas gratuite. Elle ne
raille pas sans raison.
« La drôlerie sans une arrière-pensée
sérieuse ne serait pas ironique mais simplement
bouffonne » dit Jankelevitch. Et Rilke disait :
« l'ironie ne descend jamais
en profondeur ».
L'ironie peut jouer sur une palette
infinie de couleurs & de régistres.
Elle s'exprime mieux par le corps :
le regard, le sourire, les mimiques et la voix (importance de
l'intonation). Le courrier électronique n'a-il pas instauré
l'usage du « lol » &
des smileys pour préciser que l'on
a recours à l'ironie ?
L'ironie vient du grec « eironia » : elle
interroge. L'ironie de Socrate est célèbre. Elle réveille
l'esprit endormi sous les préjugés. Par ses questions le
philosophe amène son interlocuteur à
se contredire lui-même & à reconnaître son ignorance et
il l'accompagne sur le chemin de la connaissance. L'ironie est
peut-être le commencement de la sagesse ?
Au XVIII ème siècle l'ironie était très à
la mode dans les conversations. C'est le persiflage
mondain ; elle affecte de prendre à la légère les
questions les plus graves. Voltaire était expert dans l'ironie
amère ; il maniait avec subtilité l'art pamphlétaire.
L'ironie du sort est un coup de théâtre
dans une vie rangée. Elle prend souvent pour cible une victime
qui mène une petite vie bien tranquille. L'esprit fuse sous la
pression d'un événement fortuit.
L'ironie implique une relation à l'autre.
Elle a de l'estime pour son interlocuteur ; elle le sait
capable d'apprécier les intentions en décalage avec ce qui est
dit. Elle lui tend une perche ; elle attend une réaction.
Si elle n'est pas comprise elle tombe à plat.
Dans un groupe l'ironie rapproche et
souligne une complicité car elle s'adresse à des personnes qui
se connaissent suffisamment pour partager cette connivence,
ayant en commun une culture & des usages
implicites. Une personne étrangère à ce
milieu se sentira exclue et ne percevra pas l'ironie.
Dans les rapports amoureux l'ironie n'est
pas de mise. Pourtant elle peut être un stimulant : en
quête d'authenticité l'amant essaye un test sur la personne
qu'il aime : ll lui donne un coup de griffe pour vérifier
si le sentiment est vivant ; son ironie ne veut pas le
blesser mais il cherche un démenti. L'amant plaisante dans
l'espoir qu'on lui donne tort. Il guette la réaction de
l'autre qui prouve une présence, la souffrance qui témoigne
d'un attachement. Il attend en secret une effusion. L'ironie
lutte contre un présent devenu morne et réveille un amour qui
s'endort.
L'ironie peut s'exercer contre soi-même.
Elle est en quelque sorte un système de défense ; on se
place hors d'atteinte pour se protéger, pour éviter la
déception et la trahison. Mais en restant sur ses gardes, en
affectant l'insensibilité pour ne pas souffrir, on s'immunise
contre les peines et les enthousiasmes. Stendhal remarquait
que chFrançais le plaisir de l'ironie
étouffe le bonheur de l'enthousiasme.
L'ironie ouvre un espace de liberté car
elle est indifférente aux groupes de
pression, au conformisme, à l'ordre établi.
Elle pousse l'interlocuteur dans ses
retranchements en faisant fi de ses contradictions. Elle
décape les pensées douteuses, elle
pulvérise les préjugés. Elle bouscule les consciences.
Elle est une résistance contre l'uniformité.
En débusquant les apparences et en posant
un regard lucide sur le monde l'ironie permet d'accéder à la
connaissance de soi et elle est un premier pas sur le chemin
de la sagesse.
Cependant elle reste discrète et ne
s'exerce que de temps en temps. Car les masques mis à bas la
vie sociale serait insupportable.
L'ironie c'est le sel de la vie. Elle a le
mérite de montrer qu'on est bien vivant, ancré dans la
vie.
Elle peut déboucher sur le rire libérateur
qui élève au-dessus des défaillances .
( par Irina) Retour vers le
haut
Démocratie et opinion
A la nomination d'une petite minorité
corrompue, la démocratie substitue l'élection par une masse
incompétente ( G.B. Shaw)
* * *
L'idée d'égalité paralyse la démocratie:
les revendications égalitaires particulières priment sur
l'intérêt commun, la politique n'est plus que gestion, le
consommateur l' emporte sur le citoyen.
Cette volonté d'imposer au politique
l'égalité juridique, civique , sexuelle , professionnelle,
tout en lui ordonnant de conserver les privilèges et avantages
catégoriels, en recourant, si nécessaire, à la violence (cf
José Bové), paralyse et dénature le politique. Cette
«démocratie providentielle» dans laquelle nous vivons est
devenue un système dont la préoccupation première est, au nom
de l'idéal égalitaire et de l'utopie démocratique, de répondre
d'abord aux demandes des individus. Nos valeurs dominantes ne
sont plus des valeurs communes, mais le bien-être matériel et
le bonheur individuel, la prospérité et le confort. Comme les aspirations de toutes nature des
individus se réfèrent à des situations idéalisées et
parfaites, le quotidien se montre toujours inférieur aux
espoirs ce qui alimente tour à tour les revendications et les
insatisfactions. La «démocratie providentielle» enclenche
ainsi un processus comparable à celui du fameux tonneau des
Danaïdes qu'emplissaient sans fin les femmes d'Argos
condamnées à expier le meurtre de leurs époux : son déficit
est structurel, puisque la demande des individus est infinie,
alors que les ressources de la démocratie sont limitées. Or notre société est organisée à la seule
fin de répondre à ce besoin compulsif d'accroître le bien-être
de chacun. La démocratie cesse d'être
un but que l'on se fixe, elle devient une exigence immédiate
devant laquelle tout doit céder. La
finalité du politique devient la nécessité d'obtenir une
réponse immédiate aux désirs particuliers et non plus la mise
en ouvre de ce que les philosophes appelaient un
«vouloir-vivre ensemble». La notion de
valeurs communes s'est estompée au profit des particularismes,
des volontés individuelles et des profits personnels. La
politique n'est plus que gestion. Le
totalitarisme social l'emporte sur une démocratie sans valeurs
spirituelles : la décadence est à nos portes.
Comment s'est produit ce virage, cette
perversion de la notion de démocratie, qui en fait un outil
individuel et non plus un idéal collectif, comment la politique à-t-elle été réduite
à un instrument de gestion quotidienne en perdant toute
dimension visionnaire, en laissant les valeurs collectives au
bord du chemin ?
La réponse peut se trouver dans le champ
séparant la réflexion de l'opinion.
L'opinion se définit comme étant toute
pensée qui n'est pas un savoir : L'opinion traduit des besoins
en connaissances ( Bachelard). Or elle n'est tolérable que si elle a
conscience d'être une croyance insuffisante et s'ouvre à la
réflexion de celui qui refuse de s'en satisfaire. La société dans laquelle nous vivons
permet d'éluder ce processus de réflexion, ce questionnement
qui a de tous temps interpellé les philosophes qui
s'interrogeaient sur les idées de valeurs : ma pensée
individuelle peut elle être érigée en principe général. ? Le processus de rationalisation , en
psychanalyse, en témoigne : le sujet cherche à donner une
explication cohérente du point de vue logique ou acceptable du
point de vue moral à des attitudes, actions, sentiments etc.
dont les motifs véritables ne sont pas aperçus et qui sont
individuels et non généraux. Le rejet de l'étranger, de
l'autre, qu'il est si difficile d'intégrer dans mon moi
égoïste, va se justifier par un processus de rationalisation
sociale : il me prend mon travail , elle a moins de salaire
que lui, etc... L'opinion dominante,
véhiculée par les cercles indistincts des milieux sociaux qui
s'y réfèrent, par les médias en mal d'élargissement de leur
audience, par les individus qui sont séduits par une parcelle
de son contenu, acquiert la force du « dit /entendu » par le
plus grand nombre. L'opinion se réduit à un copier/coller
collectif. La perte de la notion
d'intime, par le déballage des sentiments, passions, rituels (
le loft, les talk show télévisuels), participe à cette
confusion entre l'humain et le social. Chacun veut être
reconnu par ses particularismes , aussi intimes ou déviant
qu'il soient, voulant en faire une norme sociale et non plus
la reconnaissance d'une opinion, ou d'un comportement
simplement humain. Il n'y a aucune
réflexion sur la notion d'égalité : il est admis que « Je »
suis la norme démocratique et égalitaire, et que tout ce qui
ne me convient pas personnellement et immédiatement est
condamnable. Les hommes naissent libres et égaux en droit ,est
devenu une formule dont les deux derniers mots ont disparus,
et chacun veut que les hommes naissent libres et égaux à moi .
BLC (Honteuseument
plagié, dans les textes et les idées de Comte Sponville,
Dominique Schappner, et d'autres..)
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La culture favorise-t-elle la barbarie
?
Toute société de culture a ses barbares,
les autres qu'on ne comprend pas ( autre langue, autre
culture) et auxquels on peut appliquer la barbarie ( méthodes
barbares) ; St Augustin définissait déjà les berbères,
barbares selon les grecs.
Qu'est-ce que cette culture qui pourrait
laisser libre cours à la barbarie? On circonscrira le sens du
mot culture au phénomène de spéculation intellectuelle,
artistique, littéraire, musicale, graphique et
philosophique.
1- La culture est
un stade de progrès, un dépassement de l'état de nature, et ce
progrès n'a pas empêché la barbarie :
- la culture européenne a
laissé se développer les idéologies totalitaires, les utopies
de la mort, comme les croisades, le nazisme, le communisme,
l'épuration ethnique et les technologies industrielles
avancées de nettoyage ethnique et racial.
a)- ces idéologies ont induit un
déterminisme permettant de conceptualiser les massacres, de le
mettre à portée de conscience et de pensée comme tout élément
de culture ; on a pu écouter Schubert le soir, et torturer le
matin, « la culture n'a pas dit pas non « .
b)- c'est une défaite de la culture dans
l'aveuglement conceptuel : il vaut mieux avoir tort avec
Jean-Paul Sartre, que raison avec Raymond Aron, et plus encore
accompagner Céline dans son voyage au bout de la nuit, fasciné
par la sublimation de l'infamie.
2- La culture n'a pas eu le rôle
d'humaniser le monde, et bien souvent au contraire :
- le siècle des lumières nous
avait promis qu'avec le déclin des croyances religieuses, les
haines se dissiperaient ; mais si St Augustin affirme que
la foi passe et l'intelligence reste, lors de ce passage, un
danger subsiste comme le souligne Rivarol « quand on
mélange la religion et la barbarie, la religion l'emporte,
mais quand on mélange la philosophie et la barbarie, la
barbarie l'emporte «
En effet, si la religion est la crainte de
l'enfer, avec la culture nous avons fait fonctionner l'enfer
sur terre au vingtième siècle, suite à la crise de la culture,
et au renoncement de la raison : la culture nous a rendu
insensible à la misère humaine, et 3 exemples illustreront ce
propos :
- le vertige de
l'abstraction : sous l'emprise de la transcendance d'une
Oeuvre de culture (à la sortie de l'opéra par exemple) nous
n'entendons plus le cri de la rue, qui a moins de force et
d'impact, car moins scénarisé ; cette démarche peut aller
jusqu'à l'acte surréaliste esthétique, tel sous la forme du
célèbre revolver d'André Breton.
- dans une distanciation
ultra platonicienne, le philosophe Alain a dit sous forme de
boutade « toute vérité est l'oubli du corps »; une
telle boutade peut déboucher sur un massacre.
- l'information par les
médias, qui nous cachent « l'immédiateté des
faits », nous rend témoins de tout, complice de tout,
nous conduit à nous habituer et à tolérer l'insupportable.
Cependant, certains ont dit non à la
barbarie, tels Simone Weil, Nietzsche, qui ont perçu la
dimension de l'abîme, l'hallucination de la vérité comme un
coup de soleil sur le cerveau. De même Brecht pense que le
peuple modeste dénonce la haine mieux que les
intellectuels.
3- La faillite des
sciences humaines et de la religion L'histoire n'est plus pour nous un
progrès, les sciences humaines ont montré leur limite, et nous
savons maintenant que les éthiques sont mortelles.
La religion devrait marquer le 21éme
siècle, sachant que ce siècle devrait être religieux ou ne pas
être.
Alors le pessimisme de l'intelligence doit
générer l'optimisme de la volonté pour :
- élaborer une morale de
l'homme seul sans Dieu, responsable de sa dignité ultime, pour
aboutir à une condition humaine non transcendantale.
- élaborer une nouvelle
religion , une nouvelle genèse, où le pêché originel serait le
fanatisme religieux, et sur ce chemin comme dit Heidegger,
nous sommes avant le langage humain, nous n'avons pas commencé
à penser ni à parler.
Comment aller vers une morale de la
science ?
- la science, si elle sait
dire non à la barbarie, nous apportera une morale de la
vérité, une poétique de demain comme le disait Ernest
Renan.
- la science doit suppléer là
où la culture humaniste et les systèmes philosophiques ont
fait défaut, mais cela dans un environnement nouveau induit
par les découvertes récentes, ainsi que le souligne le
philosophe Georges Steiner : -
création de l'être in vitro -
analyse de la conscience humaine sous l'angle neurochimique - nouvelles théorie de
l'univers
Dés
lors on devra accompagner la science, s'interroger, souvent se
juger coupable et tenter d'être un pèlerin de la vie, et dixit
Verlaine, tout le reste est littérature
(culture).
(par
Gérard + collectif)
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Le
malheur, quelle chance !
Il y a une antinomie apparente des 2 mots
:
« malheur » : événement nous
affectant péniblement, souffrance, épreuve, adversité dont
l'issue peut être négative.
« chance » : manière favorable
ou défavorable selon laquelle un événement se produit (aléa,
hasard).
Au contraire du bonheur qui serait une
grâce, une transcendance (tout ce qui tombe bien), le malheur
permet un acte de liberté, car il est le réel qui tombe
rarement bien mais qui est très structurant.
Le malheur est
conjoncturel, il n'est donc ni un destin ni une
fatalité :
- c'est notre histoire, on
est acteur de son malheur et de sa résolution
- c'est un mélange de
souffrance et d'espoir, et c'est même par l'espoir que le
malheur existe, « qui nous pousse à désirer une aube
spirituelle et à exiger un idéal selon Boris
Cyrulnyk ».
- le malheur n'est jamais
complet, la partie non atteinte de notre identité nous pousse
à la métamorphose, à transformer le malheur en épreuve ; la
souffrance n'est jamais vaine, une victoire est toujours
possible
- la capacité à réussir à
vivre et à se développer positivement , et à rebondir contre
les coups du sort est réelle malgré le risque vital grave.
S'il n'y a pas de
fatalité, comment donc s'en sortir ?
- utiliser nos moyens de
défense interne, le clivage au lieu de la défense freudienne,
pour associer le bon et le mauvais en nous ( cf la métaphore
de Gérard de Nerval, le soleil noir de la mélancolie).
- on peut s'auto-réparer, en
élaborant une théorie de vie qui associe rêve et
intellectualisation.
- on peut surinvestir
l'affectivité et la réussite sociale, et conférer une qualité
supérieure aux événements de la vie.
- on peut mettre en scène
notre malheur pour en maîtriser l'émotion, et donner du sens :
changer l'image que l'on a de soi pour changer le sentiment
que l'on a de soi.
Le malheur est une chance de s'élever au
dessus de la condition humaine
- on échappe ainsi à
l'engourdissaient intellectuel que l'on éprouve dans une vie
sans danger, et on utilise ses ressorts insoupçonnés : malheur
à celui qui n'a jamais rien eu à surmonter.
- on peut dépasser le malheur
par l'humour : si je fais rire de mon malheur, c'est que je
deviens maître de mon passé, et somme toute pas si victime que
cela.
- on peut métamorphoser son
malheur en Oeuvre d'art : transformer la mémoire de sa
souffrance en Oeuvre d'art acceptable, arme de survie et
manière de transcender le malheur et d'habiter la
transcendance ; « l 'humour : du mensonge, de la mort, de
la solitude, une tendresse insupportable et tendue, un refus
des apparences, la préservation d'un secret, une distance
infinie, un cri en contrecoup de l'injustice ».
Cependant le malheur et son dépassement,
comportent le risque de se rendre étranger à soi et aux autres
:
- par rapport à soi
* être submergé par une adversité contre
laquelle il faudra des réponses innovantes
* ressentir la honte de s'épanouir à la
mort du père omniprésent, en naissant à la créativité
* se laisser envahir par la culpabilité
mitigée de mégalomanie : pourquoi j'en ai réchappé
* se croire faussement invulnérable (avec
un psychisme de survivant).
- altérer son identité aux
yeux d'autrui, en
devenant quelqu'un de hors du commun après avoir connu et
triomphé du malheur.
* le malheur comme expérience originale
qui nous rend « étranger «
* le malheur nous oblige à montrer une
étrange sérénité pour ne pas ressentir le sentiment de néant
et de mort méritée.
* le risque d'attraper un profil de
survivant dont on se méfie, et qu'on croit s'estimer au dessus
de la condition humaine ordinaire.
* le risque de cacher sa victoire sur la
malheur dans une attitude de secret ; pour ne pas être jugé on
s'enferme dans le déni de l'avènement adverse, jusqu'à
l'hébétude.
* le risque de ne plus être aimé que pour
son malheur : malheur si le martyre se transforme en héros, ou
la proie ne se transforme en prédateur.
* le risque de l'impossibilité de
témoigner ou de communiquer ; le besoin d'esthétique, de rêve,
et de mythe, de la société ou de l'entourage, empêchent un
témoignage objectif, qui désorganise (sauf si on peut rédiger
le journal d'Arme Franck).
* le risque de l'impossibilité de
mutualiser son malheur : le partager c'est demander à l'autre
de mener notre propre combat.
En conclusion, on ne doit pas échapper à
son histoire, mais la faire, car « sans la mémoire de nos
meurtrissures, nous ne serions ni heureux ni malheureux, nous
vivrions la tyrannie de l'instant, sans se soucier de l'avenir
et sans revenir sur le passé.
Deux paraboles pour illustrer notre propos
:
Boris Cyrulnyk : la parabole de l'huître ;
l'adversité dans notre vie doit être comme le grain de sable
entré dans l'huître, qui le transforme en perle.
Rudyard Kîpling :
« Si tu peux voir détruit l'ouvrage
de ta vie
Et sans dire un mot te remettre à bâtir
Si tu peux être dur sans jamais être en
rage
Si tu peux être brave et jamais imprudent
Si tu peux surmonter triomphe après
défaite
Tu seras un homme mon fils
(par Gérard +
collectif)
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Qu'est-ce qu'être un nouveau
réactionnaire ?
Un débat de non-idées agite le petit monde
des intellectuels médiatiques, tous persuadés d'être
détenteurs de la vérité et des solutions aux problèmes et
insatisfactions qui agitent le monde Les éditeurs et la presse
parisienne, cercle limité d'intellectuels qui comme dans tout
cercle tournent en rond, se donnent une importance qu'ils
n'ont jamais eue, mais qu'ils espèrent obtenir, en se lançant
dans un débat, non-événement par excellence, confrontant des
idées d'arrière salle de bistrot avec des opinions de
comptoir. Dans ce néant de la pensée,
où il est permis de tout dire et son contraire, qu'ils soient
nouveaux, anciens, vieux ou actuels, les réactionnaires sont
tous des adeptes du panurgisme intellectuel qui les mène de
nulle part à rien. Faut-il leur
rappeler que deux intellectuels assis iront toujours moins
loin qu'un con qui marche ?.
Toute société établie tend à sa
persévérance, bien que ses fondements d'idéaux, quels qu'ils
soient, ne sont jamais partagés par la totalité des membres
qui la composent. La structure de toute société, pour
maintenir son équilibre, est donc forcement répressive et non
évolutionniste. Toute innovation individuelle et originale
doit être éliminée, soit en faisant rentrer l'individu dans le
rang, soit en l'assimilant en le transformant en un phénomène
de mode. Le fait de regrouper des
individus, qui n'ont pas les mêmes idées, en une catégorie, un
ensemble mathématique, même incohérent, simplement parce
qu'ils sont susceptibles de mettre en danger l'équilibre d'une
société, est un procédé classique.
Quelle est la définition du réactionnaire
? : un conservateur, démodé, fasciste, immobiliste,
obscurantiste, rétrograde, traditionaliste , qui s'oppose à
toute évolution politique et sociale ou cherche à rétablir un
régime, un état de choses, tenu pour périmé : s'il réagit face
à quelque chose, c'est par rapport à une vérité dont 'il pense
être le seul détenteur. En ce sens tout
penseur, qui a un jour mis ses idées sur la place publique
peut être qualifié de réactionnaire s'il refuse de se plier
aux idées émergentes différentes de la sienne. Et si sa pensée
s'était opposée à celles d'un penseur précédent ( qualifié par
lui de réactionnaire, mais bon sang c'est bien sûr !), pour
peu qu'il refuse les idées média-imposées et maintienne la
ligne de ses opinions, il se fait qualifier de nouveau
réactionnaire !
Or, le discours qui oppose le vrai au faux
est dépassé parce que le monde est complexe et sa
compréhension n'est pas binaire. La transgression des lois qui
régissent le social est constante, opérée par ceux même qui en
sont garant, par le jeu des lois de circonstances imposées par
des incidents, des accidents, des sondages plus ou moins
bidouillés, des minorités agissantes qui font vivre la France
au gré de leurs prises d'otages médiatiques, quand bien même
leurs revendications seraient légitimes, ou des opportunités
de mise en valeur dans les sondages de « Jeune et Jolie ». La
sensation de « perte des repères » qui en résulte est
accentuée par le clivage factice gauche/droite qui a dominé
les structures politiques de nos sociétés ces dernières
années. Jamais, dans les faits, les
actes politiques n'ont correspondus à ces clivages de manière
cohérente.
Le livre de Daniel Lindenberg "Le Rappel à
l'ordre. Enquête sur les nouveaux réactionnaires »désigne et
dénonce des auteurs aussi divers que Pierre Manent,
Pierre-André Taguieff, Michel Houellebecq, Marcel Gauchet, Luc
Ferry, Maurice Dantec, Philippe Muray, Renaud Camus, Jacques
Bouveresse, Christopher Lasch, Alain Badiou, Alain Renaut,
Alain Finkielkraut, Paul Yonnet, François Richard, Alain
Besançon, Jean-Claude Milner...( et j'avoue mon ignorance : je
n'en connais pas la moitié.)
Pourquoi ?.Parce qu'il n'a pas compris que
le raisonnement de ces auteurs n'est pas binaire. Que même si
leurs idées peuvent être majoritairement, mais
artificiellement classées ( ah cette nécessité de cataloguer
!) à gauche ou à droite, leur discours
tend à dépasser cette classification. Parce que si le monde
change, on peut changer d'avis(la réflexion fait forcement
changer d'avis ou du moins le modifie).
Le philosophe se doit de penser des
concepts qui doivent être généraux et universels. Il peut y
parvenir par le biais des débats d'opinion, mais il ne saurait
s'y limiter. Le philosophe peut-il
restreindre la réflexion à des sujets de société ( nécessaires
pour faire vivre la pensée), critiquer le fonctionnement de la
société libérale, sans les rapporter à des concepts plus
généraux, tels la Liberté, l'Amour, la Conscience, le Bonheur
etc..
* * * Quelques
débats d'opinions en cause dans la dispute des
intellectuels. (Pour réfléchir au fond
et non à la forme)
Loft ou Godard ?
De quel lieu déifié ou élitiste a t on le
droit de mépriser, de traiter de sous culture la « culture de
masse », ce qui est apprécié par le
nombre, et faut-il pour autant abjurer la culture générale et
les savoirs ?
Droits-de-l'hommiste contre liberticides (
caméras)
Le discours sur les droits de l'homme
peut-il rester sourd à toute idée de dette, d'obligation et de responsabilité en
évitant de penser la géopolitique et les rapports sociaux, en
manipulant les sentiments humanitaires ?
Est-on"islamophobe" en critiquant la
misogynie de l'intégrisme religieux musulman, en prenant la
menace islamique au sérieux, ou sans diaboliser Israël ?
Ne peut-on parler d'antisémitisme ou de
judéophobie quand des synagogues flambent dans le silence ?
L'égalité est-elle une égalité de moyens
ou de résultat ? Les limites de
l'Europe sont-elles de l'ordre de la géographie, des valeurs
,ou religieuses
Foot ou Pivot ?
Le football est-il un sport
d'hétérobeaufs, ou donne-t-il une image objective du melting
pot français ?.
Quel mode vie bobo, bourgeois ou post
soixante-huitard est contraire au « bien-pensant » dominant?
Le féminisme bourgeois est-il dépassé ou
vital dans les banlieues pour les jeunes femmes issues de
l'immigration ?
La démocratie ne saurait elle être que «
sociale » ?
Doit-on ne répondre à la délinquance que
par la prévention ?
La liberté de ton est-elle un danger pour
la démocratie ?
Le travail de sape de Canal+ pour dénigrer
la classe politique constitue un apport à la lepénisation des
esprits ou un combat contre le fascisme ?
(par Bernard + collectif) Retour vers le
haut
VERS
OU VA LA SOCIETE DE SPECTACLE ?
Les censeurs censurent, les imprécateurs imprèquent,
les tartuffes tartuffent, les spectateurs applaudissent, les
morales de tous les moralisateurs, qu'elles soient laïques ou
religieuses, elles voudraient rester sauves.
Las ! le spectacle comme une machine
surpuissante continue sa course folle.
Après Guy Debord dans sa critique radicale
de la société de spectacle après les cinémas de vérité de Ozu,
de Chantal Ackermann, après Lacan et ses séminaires, après
l'ouvre de Baudrillard sur 1 obscénité totalisante de notre
époque, nous devons repenser la marche de l'histoire du
spectacle.
Le monde n'est plus une scène de théâtre ;
la distance entre le spectateur et une scène quelconque
(Théâtre politique, littéraire, médiatique), s'est dévoilée ;
que reste-t-il de l'image dans l'art d'aujourd'hui après sa
déconstruction ? que reste-t-il des modèles, des héros,
des livres et supposés savoirs sinon des refuges dans la
nostalgie du passé.
Mais l'histoire continue et elle ne
resservira jamais le même plat ; Entre un Berlusconi, le Loft
Story et le Fabuleux destin d'Amélie Poulain, de nouvelles
alternatives se font jour ; nous ne savons pas qui va 1
emporter, mais que cela se joue dans l'un ou l'autre sens,
nous ne pouvons pas y rester indiffèrents.
La distance de la réflexion philosophique
est nécessaire avec sa rigueur et une neutralité
(bienveillante ?) pour comprendre la complexité et les fracas
assourdissants de cette étrange époque qui est la
nôtre.
Mais un aveugle peut-il guider les
aveugles, ces dormeurs les yeux ouverts ? Ne tomberont-ils pas
dans la même fosse.
Seule une clairvoyance, un esprit
totalement éveillé et lucide peut inverser la fatalité de
l'ignorance de ce consensus « correct and soft
» qui risque de nous endormir, et cela pour de nouvelles
formes de fascisme et de terreur ;
et n'est-ce pas cela le lieu de notre
dernière liberté ?
(
anonyme) Retour vers le
haut
LA
SOCIETE EXISTE-T-ELLE ENCORE ?
(par
Geneviève)
La société est un mode de vie propre à
l'homme et à certains animaux caractérisé par une association
organisée d'individus en vue de l'intérêt général. Montesquieu
dit que la société est l'union des hommes et non pas les
hommes. Les abeilles vivent en société.
La société humaine se différencierait
ainsi de la société animale en ce qu'elle organiserait entre
les personnes des rapports
durables garantis par les institutions.
La société humaine se caractériserait par
la présence de lois, de règles et d'institutions.
Société vient du
latin societas, de socius, compagnon, associé. Au
départ, la généalogie historique du terme socius est d'abord
d'avoir le sens de suivre quelqu'un, puis de se rallier
et
enfin celui d'avoir quelque
chose en commun avec lui.
On peut se demander ce qui fait tenir
ensemble les personnes qui composent la société. Il semble que
le sens de l'appartenance à cette société soit entré en crise.
De nombreux événements ébranlent le sens de ce qui semblait
nous relier les uns aux autres.
Bruno Latour nous
dit : « On commercialise
un nouveau vaccin, un nouveau profil professionnel se trouve mis sur le marché
de l'emploi, un nouveau mouvement politique voit le jour, de
nouvelles planètes sont découvertes hors de notre système
solaire, une nouvelle loi est votée, une épidémie imprévue
s'abat sur nous, à chaque fois la
conception de ce qui nous faisait tenir ensemble se trouve ébranlée.
Nous ne sommes même plus certains de ce que veut
dire « nous ».
Il semble que nous soyons tenus par des connexions qui ne
ressemblent plus aux liens sociaux agréés. Le doute plane sur
ce que nous sommes censés faire ensemble. N'est-ce pas ainsi
que nous nous trouvons face à face, le plus souvent, avec la
dimension sociale de notre existence ?. Le social n'est
plus un domaine spécifique, mais un mouvement très particulier
de ré-association ou de réassemblage. »
Il devient important de se demander ce qui
se trouve assemblé sous le couvert de la notion de société.
C'est la seule façon de rester fidèle la mission première de
la sociologie, science du vivre ensemble. L'ordre social
n'aurait rien de spécifique. Il n'existerait pas de contexte
social, pas de domaine distinct de la réalité auquel on
pourrait coller l'étiquette société.
Il serait ainsi absurde d'ajouter des
facteurs sociaux à d'autres disciplines scientifiques. Loin
d'être un contexte dans lequel tout se trouve délimité, on
devrait plutôt concevoir la société comme un connecteur parmi
d'autres, circulant à l'intérieur d'étroits conduits.
Les chercheurs qui se penchent sur cette conception
de la société considèrent les agrégats sociaux comme ce qu'il
faut expliquer à partir des associations propres à l'économie,
à la linguistique, à la psychologie, au droit, au
management.
L'explication sociale est devenue
contre-productive. Nous ne sommes plus soumis à une force
exercée par la société. Notre avenir politique repose sur la
tâche de définir à nouveau de ce qui nous rassemble. Ainsi se
constitue une autre sociologie, celle qui repose sur la théorie
l'acteur réseau et
non plus sur une analyse de faits sociaux considérés comme
définis. Les acteurs ne sont plus de simples informateurs
venant illustrer de façon exemplaire quelque type déjà
répertorié ; il faut leur restituer la capacité de
produire leurs propres théories sur le social
Ainsi tout phénomène est un fait
social.Toutes les branches de la science semblent destinées à
devenir des branches de la sociologie.
La question du vivre ensemble posée ici se
demande comment les acteurs peuvent stabiliser les
controverses qui les animent. Par quelles procédures est-il
possible de réassembler le social non plus sous la forme d'une
société, mais d'un collectif ?
En effet, le doute plane sur la
modernisation et il est de plus en plus important d'inventer
des formes de cohabitation.
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La
transcendance est-elle nécessaire à l'humanité ? par
Geneviève
La transcendance suppose un ordre de
réalités supérieures, des principes supérieurs et extérieurs à
l'humanité par opposition à l'immanence contenue dans la
nature de cette même humanité.
Etymologiquement, transcendere signifie
franchir, dépasser et alors que immanere, manere signifie
demeurer.
Se demander si la transcendance est
nécessaire à l'humanité, c'est se demander si l'humanité qui a
toujours fait appel à la religion ou à la métaphysique peut
s'en passer aujourd'hui et développer une conception humaniste
où l'homme serait existence et réflexion sans avoir recours
aux idées d'immanence et de transcendance.
En observant l'histoire des religions, on
a l'impression qu'il existe un invariant dans le phénomène
religieux. En effet, la religion semble liée au mode de
production : chez les chasseurs-cueilleurs règne les esprits
animaux, une religion horizontale d'animaux à animaux.
Avec le religion néolithique, le culte des
ancêtres passe par celui des Dieux. Puis l'apparition de
l'écriture se traduit par un Dieu unique avec la naissance du
livre. Dans les religions séculières, on trouve un sentiment
d'incomplétude comparable aux autres religions. Toute société
semble avoir besoin d'un point de fuite, d'une impression de
se diriger vers le futur.
Les religions sont des opérateurs de
clôture dans le temps et dans l'espace ; II semble quasi-
impossible à un groupe de vivre sans point final, sans
transcendance. Un individu doit pouvoir vivre dans l'instant,
mais il n'y a pas de groupe humain à l'horizontal.
Sur le plan philosophique, la plupart des
penseurs définissent une transcendance. Même Heidegger lie la
temporalité, la finitude et la mortalité par le dépassement de
soi vers son propre avenir et sa propre mort. Cette
extériorité de soi à soi, mouvement vers l'avenir absolu de la
mort a un caractère transcendantal.
Pour Sartre, l'être est projet, mouvement
de soi hors e soi. Il se définit par ce qui lui manque.
Ce pouvoir est la transcendance qui
définit l'homme comme immanent à ce monde qu'il constitue en
le dépassant. Ici, la transcendance n'est plus celle de
l'au-delà vertical, mais l'horizon de l'action humaine.
Une description rigoureuse de l'existence
peut-elle substituer à l'imagination en hauteur la réflexion
en intériorité ?
Le sujet peut-il devenir la source et
l'origine du sens et de la liberté, créateur et juge des
valeurs en même temps que terreau d'où peut émerger la
conscience authentique de soi ?
On assisterait dit Misrahi, ancien
professeur de la Sorbonne « au primat de la réflexion et à la
redécouverte de la subjectivité comme intelligence et comme
existence.
La conscience, dès lors, n 'est pas la
chose, ni la nature, ni la mort, ni la divinité. Pouvoir de
négation, mais aussi d'affirmation, elle substitue à
l'opposition théologique immanence-transcendance une nouvelle
opposition : celle de la réflexion à l'irréfléchi, celle de
l'exigence à la facilité. Le sens, la joie, la communication,
la liberté sont des ouvres à accomplir et non
des immédiats. Ils s'opposent à ce qui est
simplement donné là. Mais si ce qui est à construire est de
l'ordre de l'humain, il est forcément de l'ordre de la ré
flexion... Ce tout autre ne sera pas transcendant, il sera
l'existence même qui d' « à-venir » deviendra présent et
présence...
La réflexivité existentielle.. ne
confondra pas conversion et hauteur, exigence et aliénation,
autonomie et extériorité. Le réel est contestable par la
conscience, mais seule la réalité peut se substituer à la
réalité et l'existence accomplie dans sa plénitude à
l'existence incomplète et anxieuse. Les arrière-mondes sont
ainsi abolis et l'homme rendu à lui-même et à son infini
pouvoir.
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